5987 Insoumis au soir du 11 juin

Dans une circonscription de 240 communes, chaque quartier, chaque commune compte donc en moyenne 25 Insoumis. 25 qui votent.

Mis tous ensemble, ces 5987 Insoumis ne tiennent pas dans la salle des Docks Océane. On s'en souvient des Docks Océane, et du meeting du 18 mars au Havre.

5987 survivants. Ils ont traversé, indemnes, six mois invraisemblables. D'abord les drôles de primaires, avec des urnes à double fond. Puis la campagne des algorithmes et de la Google Car de Macron. Puis celle des costards de Fillon. Suivie de l'habituel truc du front républicain. Pour finir avec le camping-car des MacDo managers et les belles affiches rafraîchies tous les matins. Sous traitance et papier glacé quadrichromie.

Au moins, les  ouvriers imprimeurs ont eu un peu de travail à faire.

Qui sommes-nous ?

Insoumis aujourd'hui, hier nous ne nous connaissions pas. Nous nous sommes croisés, peut-être, un soir lors d'une réunion publique, un matin sur un marché, ou bien pendant la nuit, sur les réseaux sociaux.

Peu importe : il ne s'agit pas de nos personnes.

Peu importe : il ne s'agit pas de nos affaires personnelles.

Il s'agit de ce qui nous appartient, nous dépasse et nous oblige à la fois.

L'Avenir en Commun : pas de doute, nous l'avons choisi, et nous nous y sommes tenus.

Maintenant que nous nous sommes assemblés sur ce vote, que nous avons mesuré notre force, qu'allons-nous faire ?

Première lutte : pour le travail, notre bien commun

Ne parlons pas d'emploi, fini le vocabulaire de la gestion de Hollande. Parler de l'emploi, ça n'est qu'une façon de détourner du sujet.

Nous ne défendons pas le Code de l'emploi, mais le Code du travail. Et c'est bien le travail que Macron attaque violemment. En le réduisant à une monnaie d'èchange sur le plus ultra-réactionnaire-libéral des marchés.

Lorsqu'on est privé de travail, le temps libre devient un temps mort. Le temps tout entier passe à la trappe.

Même la droite n'a pas vu le coup venir. Parce qu'à droite, le travail c'est quand même quelque chose. Ça tient à la personne humaine et à sa place, ici, et à la famille. Tout le monde comprend cela.

Sauf Macron, qui renvoie dos à dos chaque salarié et son patron, ou son DRH. Qui renvoie dos à dos chaque salarié et tous les autre salariés.

Dans la farce tragique du référendum d'entreprise.

Dans les années 80, les consultants canadiens avaient une idée comme ça : on ferait de chacun sa propre petite entreprise personnelle à soi, insérėe dans la grande. Tout le monde de s'enthousiasmer : comment n'y avait-on pas pensé plus tôt !

Trente ans après, avec une petite couche de numérique pour séparer ceux qui sont du côté du manche de ceux qui sont du côté de la pelle, c'est fait.

Presque fait.

Car nous sommes là.

5987.