Violences policières : après la passe d’armes avec Monsieur Cazeneuve qu’en est-il ?

Violences policières : après la passe d’armes avec Monsieur Cazeneuve qu’en est-il ?

Rémi Fraisse, militant pacifique et écologique, a trouvé la mort dimanche 26 octobre 2014 un peu avant deux heures du matin. Alors qu'il se trouvait parmi des militants eux aussi pacifiques, il a reçu une grenade offensive tirée par un gendarme, et il a succombé à l'explosion de cet engin mortel qui s'est logé contre son dos. Rémi est la malheureuse victime du combat contre le barrage de Sivens.

Tant de documents, enquêtes, témoignages et reportages ont été établis sur ce drame, que ce n'est pas le lieu d'y revenir ici.

Dans le cours de cette campagne électorale des législatives des 11 et 18 juin, la déclaration de Jean Luc Mélenchon le 24 octobre à Montreuil, et la réplique de l'ex-Ministre Cazeneuve, sollicitent une analyse politique sur le vif.

La France Insoumise aborde la question de l'ordre républicain dans son travail de campagne. Aussi le programme l'Avenir en Commun comporte un ensemble de propositions destinées à inverser « la tendance inefficace et liberticide de l'affolement sécuritaire » que connaît notre pays.

Mais dans le fond, Jean Luc Mélenchon avait bien posé la question politique sur le plateau de France 2 le 23 février dernier, dans son échange avec un officier de gendarmerie à propos de Théo.

« La police nationale ne s'appartient pas, elle appartient à la Nation, son rôle est de servir et d'obéir, dans le cadre de la déontologie de la République Française ».

C'est pourquoi il est temps de revenir sur l'histoire de notre police et de notre armée. Elle explique ce qui se passe aujourd'hui et qui fait de nos forces républicaines les plus inefficaces et les moins aimées et respectées parmi nos voisins européens. 

Pour Michel Foucault, le pouvoir politique réinscrit dans la société civile les rapports de force qui se sont institués, à un moment donné, pendant la guerre. 

Une sorte de guerre silencieuse s'installe alors, dans la paix, elle s'insinue dans les institutions, dans le langage, dans les inégalités économiques et jusque dans les esprits et les corps.

Mathieu Rigouste fait ce travail d'examen de l'histoire, à travers des centaines de rapports, travaux effectués depuis la fin de la guerre coloniale et jusqu'à aujourd'hui. Des écrits des dirigeants politiques et militaires et des experts. Des comparaisons internationales. Des témoignages. Et dans son livre L'Ennemi Intérieur publié en 2009 à La Découverte et republié en 2011, Mathieu Rigouste vérifie l'analyse de Foucault : l'ordre sécuritaire de la France contemporaine est hérité en droite ligne de la guerre coloniale contre l'Algérie. En dépit de la volonté politique adoptée en 1960 de ne plus recourir à la Doctrine de la Guerre Révolutionnaire mise au point à Alger et à Sétif, c'est bien de cela qu'il s'agit encore aujourd'hui.

Alors, il faudra exercer tous ensemble une grande vigilance citoyenne dans les années qui viennent car c'est cette police, c'est cette armée à laquelle nous ferons face dans le débat politique normal et salutaire auquel nous sommes préparés.

Le combat pacifique de Rémi Fraisse, de sa famille, de ses amis, et bien il se poursuit.

Norbert Tangy 

Au café de la paix, à Montville, réunion des Insoumis entre Caux et Bray

Au café de la paix, à Montville, réunion des Insoumis entre Caux et Bray

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Samedi 20 mai, jour de marché à Montville.

La coordination des groupes d'appui de la dixième circonscription de la Seine Maritime discute des opérations de campagne jusqu'au premier tour du scrutin.

La proposition de circuler dans 14 villes importantes les 3 et 4 juin est adoptée. Les rencontres avec les électeurs se produiront à proximité des lieux d'habitation des personnes qui ne fréquentent pas les marchés. Car les marchés sont trop onéreux pour leur bourse. Les quartiers d'immeubles, les lotissements locatifs, les maisons de retraite, sont donc identifiés sur la carte des Insoumis. 

Deux caravanes proposeront des échanges sur les sujets prioritaires pour la dixième circonscription de la Seine Maritime : protéger et partager, mettre en mouvement une économie sociale, pratiquer la démocratie et l'égalité.

La première caravane partira d'Yvetot -quartier Rėtimare, pour rejoindre Cany-Barville en traversant Sainte Marie des Champs, Yerville, Tôtes, Val de Saânne et Doudeville. La seconde partira de Montville pour rejoindre Saint Valery-en-Caux en traversant Saint Saëns, Fontaine-le-Bourg, Bacqueville et Luneray.

Mais rien n'est possible en France dès lors que les droits sont limités par les institutions financières qui arbitrent la valeur de la monnaie au-dessus des besoins de la nation. La Banque Centrale Européenne, le Fond Monétaire International, et l'Organisation Mondiale du Commerce tiennent des discours en faveur de la croissance mais encadrent le crédit et le budget vers une austérité inacceptable.

Aussi les Insoumis entre Caux et Bray se préparent à examiner les projets des lois Économiques et Sociales de notre pays selon ce filtre politique.

Après la campagne des législatives, pas d'interruption de la démocratie.

À la salle du Vivier de Saint Saëns, les Insoumis pratiquent la démocratie

À la salle du Vivier de Saint Saëns, les Insoumis pratiquent la démocratie

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Anne Lecoq-Cherblanc explique aux Insoumis la conception du rôle du parlementaire qui découle du programme de la France Insoumise avant le passage à la sixième République.

Ni représentant des citoyens, ni même « porte parole », le député organise la prise de parole et la mise au point des enquêtes, des analyses, des propositions, des résistances, avec les électeurs de la circonscription.

L'enquête citoyenne est un dispositif que les sciences politiques ont décrit et expérimenté, afin de résister à la privation du public de ses prérogatives. L'américain John Dewey l'a fait en 1923, par exemple.

Les sujets du travail démocratique croisent les questions propres au territoire – partager et protéger en particulier – avec les perspectives du programme l'Avenir en Commun : la règle verte, l'égalité des femmes et des hommes, la planification écologique.

Les personnes originaires de Saint Saëns et présentes dans cette salle du Vivier observent que personne ne bénéfice d'un quelconque droit particulier en fonction de son origine ou de son statut dans la société.

Artiste, commerçant, étudiant, chômeur, ingénieur, cadre, professeur, retraité ou ėlu : chaque voix est une voie singulière en direction des choix possibles et des décisions politiques qui conviennent.

Des jeunes gens se sont assemblés au dehors pour une réunion en dehors de notre propre réunion : conversations, jeux et aussi peut-être un peu trop de bière. Invités à nous rejoindre par Jean Jacques Appin, ils préfèrent se tenir à distance.

Pour cette fois, car à Saint Saëns, comme ailleurs, le travail démocratique se poursuivra. Anne Lecoq-Cherblanc y est engagée.

Réunion publique à Saint Saëns : travailler en démocratie, maintenant

Réunion publique à Saint Saëns : travailler en démocratie, maintenant

Les Insoumis travaillent ensemble depuis plus d'un an.

La réunion publique de Saint Saëns intervient dans cette continuité.

Donc on y fait le point : les nouveaux venus se mettent au travail, les informations sont produites, les gens s'organisent. Et qiuand ils repartent, ils savent ce qui est derrière eux, ils savent aussi ce qui est devant eux.

Dès lors, pour Saint Saëns, l'apprentisage du travail en démocratie prend place, se déploie vers plus de monde.

Car chaque personne a autant d'importance que toutes les autres : artistes, commerçants, étudiante, chômeur, retraités, professeurs, cadre technique, ingénieur et député.

Anne Lecoq-Cherblanc explique la conception du rôle de députée qu'elle exercera. Elle rappelle qu'elle adhère à la charte des députés de la France Insoumise et à la charte Anticor associée.

Finie la représentativité propre à la cinquième république et à la monarchie présidentielle : c'est le peuple qui demande la parole.

Dès lors les actions de campagne ont un seul but : développer, maintenant, avec les électeurs, le sens politique de l'Avenir en Commun. Les caravanes des Insoumis, la distribution des tracts sur les marchés et dans le voisinnage, le travail avec la presse sont autant d'événements qui expérimentent le choix.

Croisement du programme de la France Insoumise, des priorités du territoire – la santé, l'environnement, le partage des richesses -, de la parole des électeurs, et de l'attitude d'Anne Lecoq-Cherblanc, de son suppléant Norbert Tangy, et de la coordination des Insoumis entre Caux et Bray.

Dans la dixième circonscription de la Seine Maritime, le travail en démocratie est en place.

Dans la salle du Vivier à Saint Saëns, le 26 mai, personne n'en doute.

D’une réforme à l’autre, que devient le collège de 2016, et que prépare Monsieur Macron ?

D’une réforme à l’autre, que devient le collège de 2016, et que prépare Monsieur Macron ?

La réforme du collège mise en place à la rentrée 2016 pose beaucoup de questions aux professeurs, aux élèves et aux parents. Un an et demi plus tard, l'Éducation Nationale rentre dans la campagne !

Insuffisamment préparée, débattue et appropriée par les inspecteurs, par les principaux, par les professeurs et, bien entendu, par les parents, cette transformation souffre de la multiplication hasardeuse des support des devoirs, des contrôles et des bulletins scolaires.

La conversion des heures d'enseignement des disciplines en EPI-Enseignements Pratiques Interdisciplinaires annonce la réduction des temps consacrés par le collège aux fondamentaux.

Pourtant, la réforme engage les professeurs vers une formulation innovante des compétences et la vérification constructive de leur acquisition.

Au moment où Jean François Blanquer, cet ex-directeur de l'enseignement responsable de la suppression de 80000 postes sous la présidence  de Sarkozy, vient de prendre ses fonctions, c'est bien de vigilance qu'il convient de parler.

Le meilleur moyen de s'assurer de cette vigilance consiste à refuser, par le vote des 11 et 18 juin, de donner les pleins pouvoirs à Monsieur Macron.

Les savoir-faire : commencer par les « compétences transversales »

Les programmes disciplinaires du collège mettent désormais l'accent sur l’apprentissage des méthodes de travail.

Prenons l’exemple de l'information et de la capacité à s’informer.

Dans quelque domaine que ce soit, avant toute réalisation, il faut commencer par s’informer :

  • Écouter les consignes.
  • Lire et comprendre un énoncé : qu’est-ce que je sais et qu’est-ce qu’on me demande ?
  • Lire une carte géographique ou routière, lire un tableau, un schéma, une notice explicative.
  • Rechercher l’information demandée, dans sa propre mémoire d'abord, dans un dictionnaire, sur Internet, dans un manuel, un lexique, un annuaire, et auprès d'une autre  personne.
  • Se repérer quelque part.

Les professeurs vont donc proposer des aides méthodologiques aux élèves qui ne se les donnent pas spontanément. Ceux qui parviennent à rechercher les informations demandées pour une discipline acquièrent une autonomie qui sera utile à toutes. Comme autant de savoir-faire nécessaires dans toutes les disciplines.

Désormais, ces savoir-faire s'appellent les « compétences transversales ».

Les savoir-être : responsabilité, initiative, solidarité.

La réforme propose de repérer et de développer des attitudes propices à l'activité qui consiste à « apprendre au collège » :

  • Être responsable.
  • Prendre des initiatives.
  • S’impliquer dans les activités.
  • Contribuer à la mise en place d’un événement.
  • Appliquer le règlement intérieur.
  • Être poli.
  • Être solidaire.
  • Être respectueux des adversaires et de l’arbitre.

Ce ne sont ici que quelques exemples de formulation.

Que deviennent alors les savoirs ?

Ils  ont leur place dans toutes les disciplines comme, par exemple, en Français :

  • Dire un poème par cœur.
  • Argumenter en s’appuyant sur des textes littéraires.
  • Mobiliser des connaissances d’orthographe et de grammaire.

Pour le professeur du collège, désormais, les compétences spécifiques se distinguent, par leur formulation, des savoir-faire et des savoir-être.

C'est plus clair, et davantage respectueux de l'élève.

Mais il n'empêche, il faut bien les établir, ces formulations, et c'est une sérieuse difficulté. Ensuite, il est tout de même préférable de les partager entre les professeurs d'une discipline puis, entre les professeurs de toutes les disciplines.

C'est alors que le manque de temps, le déficit de partage et l'excès d'information amorcent la confusion, qui se transforme en désordre et tensions.

Investis dans l'organisation des EPI, dispersés dans les travaux complémentaires des élèves qui dévorent la pause du déjeuner, découragés par les expérimentations informatiques, les professeurs courent après le temps. Au collège comme à la maison.

Contrôler, évaluer, informer et piloter

Contrôler

Lorsqu'ils sont établis par le professeur dans un sens conforme à la réforme, les documents d’appui des contrôles sollicitent l'élève afin qu'il rassemble et utilise dans ses réponses les informations qui illustrent les compétences dont l'acquisition est recherchée. Authentique innovation institutionnelle.

L'élève fait aussi état de ses connaissances par le contenu de ses réponses aux questions posées.

Mais ce n’est pas parce que l'élève démontre qu’une compétence est acquise, à un moment donné, qu’elle le sera encore six mois plus tard. Car l'éparpillement des supports de contrôle ainsi conçus, dans la discipline et par les professeurs des autres disciplines, ne garantit ni la cohérence, ni la répétition, deux facteurs d'apprentissage.

Le professeur doit aussi résoudre une difficulté pratique : il vaut mieux qu'il présente le devoir, support de contrôle, de façon à en faciliter la correction et la notation, au bout du compte, quelle qu'elle qu'en soit la forme. Mais c'est plus facile à raconter qu'à faire, et cette conception du support exige du professeur énormément de travail et de temps. Un temps qui est rarement un temps collectif et partagé. Source de désordre à nouveau.

Concevoir le devoir en y installant, dès la préparation, les indices des compétences transversale ou spécifiques que l'on veut promouvoir, c'est aussi prendre le risque de négliger l'inattendu, la création spontanée de l'élève, l'allusion, la métaphore, le jeu de mots.

Évaluer

La réforme permet de concevoir le contrôle et d'évaluer le travail de l'élève à partir de critères précis et efficaces. Tandis que les anciennes conceptions et les évaluations globales ne donnaient aucune indication, en dehors du titre de la discipline et d'une note unique, ou d'une moyenne de notes par bulletin. Des notes qui étaient établies sans référence vérifiable aux compétences transversales ou spécifiques.

Les appréciations des bulletins sont rédigées dorénavant sur un mode positif. Elles font état des acquisitions de l’élève, elles proposent des pistes de progression.

Il faut tout de même s’interroger sur les termes choisis : le mot de « maîtrise » et le qualificatif de « suffisante » ou « insuffisante » recouvrent en fait autant de flou que les notes antérieures.

Il n’est pas certain, enfin, que les parents qui consultent les évaluations sur internet comprennent le jargon utilisé.

L'élève lui-même, environné par des formules constructives, parvient-il à distinguer une  exigence impérative ? Alors qu'un examen ou un concours le sanctionneront, un peu plus tard, par des épreuves et des notations traditionnelles ?

Tête bien faite et tête bien pleine

L’enseignement a longtemps insisté sur l’acquisition des connaissances, il était temps de prendre en compte les modes de pensée et d'activité des enfants tels qu'ils sont pour accroître leurs capacités « cognitives ».

Tous ne sont pas égaux sur le plan des apprentissages : certains élèves sont dotés d'une excellente mémoire, ou bien d'une capacité méthodique qu'ils ont développée grâce à leur milieu familial. La réforme permet des progrès dans l'égalité et dans l'apprentissage méthodique.

L’acquisition de connaissances reste indispensable pour que, de l'école, sortent des citoyens libres et responsables.

Si la réforme semble s'en assurer, en vérité la répétition et la cohérence font défaut.

Que pensent les professeurs ?

Ils ne sont hostiles ni à la méthode, ni au partage de certaines de « leurs » heures dans les EPI. Leurs activités et leurs relations s'enrichissent, ils s'émancipent.

Mais la réforme imposait un calendrier de mise en place, dès la première année, à tous les niveaux, de la 6e à la 3e. Pari insensé. Et l'on fait aujourd'hui comme si la pilule était avalée.

Mais faute de temps et de recul, la difficulté éloigne le professeur du travail collectif. Elle prive l'élève du bénéfice de la répétition. L'outil devient une fin en soi. L'intelligence de la nouvelle conception du cours et du contrôle se sclérose dans la recherche de productivité à laquelle le professeur se trouve contraint.

La menace qui pèse sur les heures enseignées dans les disciplines, et la coercition exercée par la hiérarchie, maintiennent un climat de méfiance et provoquent des souffrances professionnelles injustifiables.

Que fera Monsieur Macron ?

Discret sur ce sujet comme sur tous les autres, le nouveau Président de la République fait tout de même deux annonces importantes pour le collège :

  • Suivant le très libéral Institut Montaigne, il se propose d'accorder une plus grande autonomie à l'établissement et au principal.
  • Il entend supprimer 120000 emplois de fonctionnaires.

Montaigne n'appartient au CAC40, et s'il préférait » une tête bien faite à une tête bien pleine », il s'appuyait sur une épaisse base des fondamentaux. L'annonce médiatique de la remise en route des classes bilangues et de l'enseignement du latin et du grec, supprimés par Najat Valaud bel Kacem, n'a pas résisté 24 heures à la vérification de son contenu : le projet consiste, en vérité, à insérer ces enseignements à l'intérieur de la réforme financière exigée par François Hollande, c'est à dire dans le mécanisme des EPI.

Mais l'expérience démontre que la gestion des EPI entraîne la compression des budgets horaires des établissements dont les principaux acceptent, sans discussion, les injonctions du recteur.

Il en sera de même des classes bilangues et de l'enseignement de l'allemand ou des langues anciennes, il faudra déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Quant à l'autonomie des établissements, tant que les principaux seront promus au terme de leur carrière de professeur des collèges ou des écoles primaires, elle ne vaudra que ce que vaut leur capacité à débattre avec leur hiérarchie.

Une hiérarchie qui sait faire connaître les décisions du Ministre et du recteur au moyen d'un dispositif d'évaluation et de rétribution individualisée donnant une part conséquente au « savoir-être » du professeur lui-même, c'est à dire, en clair, à sa docilité.

Gérald Darmanin, Maire de Tourcoing et nouveau Ministre de la fonction publique en charge de la suppression de 120000 fonctionnaires, se souvient probablement de la déconfiture que lui a administrée Jean Luc Mélenchon sur le sujet de la laïcité dans l'émission Des paroles et des actes.  

Fin de partie momentanée donc, pour une réforme de façade, qui accroît désordre et tensions.

Une réforme que Monsieur Macron fait semblant de remettre en question.

Quant à la question du gel des salaires que 800000 fonctionnaires de l'éducation les moins rémunérés de toute l'Europe subissent depuis sept ans, elle n'est pas à l'ordre du jour de l'agenda libéral.

Pour la France Insoumise « L’éducation est la principale richesse du peuple et du pays pour préparer l’avenir, il est urgent de la partager ». 

Christine Moreau

 

 

 

 

 

Convention des élections législatives, le 13 mai 2017 à Villejuif

Convention des élections législatives, le 13 mai 2017 à Villejuif

Les jours heureux : samedi 13 mai, réunion des candidats, suppléants et responsables de campagne dans leur convention des élections législatives.

Jean Luc Mélenchon, Charlotte Girard, Alexis Corbière et François Ruffin interviennent et présentent leur vision du scrutin des 11 et 18 juin.

Conclure les formalités d'investiture, passer quelques moments dehors pour les photos commémoratives, partager les expériences d'animation de campagne et revenir à la maison avec des batteries chargées à bloc.

La France Insoumise dans la dixième : campagne vers une rupture en douceur

La France Insoumise dans la dixième : campagne vers une rupture en douceur

Au terme d'une conférence de presse en présence de Daniel Grappey, Claude Cherblanc, de la candidate Anne Lecoq-Cherblanc et de son suppléant Norbert Tangy, le journaliste reporter pour le Courier Cauchois, Monsieur Blaise Diagne, expose le sens politique de cette campagne et sa traduction concrète dans la dixième circonscription.

"Vers une rupture en douceur" résume l'intention et la méthode de la France Insoumise.

Les 540000 Insoumis soutiennent une transformation des règles du jeu qui sera respectueuse des personnes et de la démocratie : la sixième République qu'ils bâtissent tourne la page de la monarchie présidentielle mise en place en 1958 dans les circonstances exceptionnelles d'une guerre coloniale dramatique qui est heureusement achevée aujourd'hui.

Norbert Tangy

« Tout indice d’une levée durable contre Macron sera le bienvenu » Alain Badiou

« Tout indice d’une levée durable contre Macron sera le bienvenu » Alain Badiou

Le "fantôme libéral" Macron

Le philosophe Alain Badiou, plus discret dans cette campagne que dans les deux précédentes, analyse pour Les Inrocks le fantôme libéral Macron, le pétainisme rénové du FN et il déplore que Mélenchon soit inféodé aux péripéties électorales.

Contre toute forme de suffrage

Résolument opposé au vote représentatif dans la forme que la Cinquième République a fabriquée, il salue l'indice d'une levée populaire contre Macron dans le projet de la France Insoumise.

Fidèle à sa lecture politique et philosophique platonicienne du monde, il déclare qu'il manque à la gauche de l'ex-gauche l'idée communiste.

Il conclut que nous n'en sommes qu'au début de la reformulation de l'action politique émancipatrice. Nous serions plus proches de 1840 que de 1917. 

Pourquoi pas 1840 ? Il n'y a jamais eu sur la planète autant d'hommes et de femmes salariés en masse et dans les conditions les plus restrictives. 

Quant aux dirigeants et oligarques, jamais ils n'ont tant possédé.

Pour l'émancipation, tout de suite

Nous sommes bien d'accord avec cette idée de l'émancipation, et nous prenons l'initiative de nous y mettre ici, et tout de suite.

Norbert Tangy

 

 

Transition énergétique : rendez-vous dans cinq ans ?

250 euros par an pendant quinze ans pour une transition énergétique en rade

L'énergie France stagne dans l'immobilisme depuis le printemps 2012. Sans surprise, tous les indicateurs sont au rouge vif. Et la facture à venir des citoyens est incontrôlable. Cet état de fait résulte de la confiscation de la gouvernance par un État paralysé mais aussi affairiste, tant dans son rôle régalien que dans son rôle d'actionnaire. Les conséquences économiques de cette situation pèseront pendant des dizaines d'années sur notre pays.

Énergie France, l'immobilisme

Au printemps 2012, le candidat François Hollande s'engageait à faire de la France le champion de l'excellence environnementale. Il traduisait sa vision par les engagements numéros 41, 42 et 43 de son programme. Réduire la part du nucléaire à 50% en 2025, fermer Fessenheim avant le terme du mandat, développer la part des énergies renouvelables du mix électrique (engagement 41), faire sortir 8 millions de Français de la précarité énergétique (engagement 42), et permettre à 1 million de logements par an de bénéficier d'une isolation thermique de qualité (engagement 43).Aucun volet de l'engagement 41 n'a connu la moindre avancée durant le mandat du président Hollande. Au contraire, la puissance du parc nucléaire s'est trouvée sécurisée ad æternam à son niveau actuel (63,2 GW). La fermeture de Fessenheim s'est engluée dans les péripéties sociales et judiciaires des salariés et des parties prenantes. Quant au calendrier des appels d'offres des énergies renouvelables, il s'est noyé dans la bataille des amendements de la loi promise pour 2013 et adoptée, nue de ses décrets d'application, le 17 août 2015. On parle d'un début de mise en œuvre en … 2018.

Les huit millions de familles françaises précaires ont assisté au ballet constitutionnel de la loi Brottes sur la tarification progressive de l'énergie. Elles ont eu toutefois la joie d'observer que leur nombre avait entre temps décru de moitié : elles ne sont plus désormais que quatre petits millions. Quant aux tarifs sociaux, remaniés par les ministres Delphine Batho et Philippe Martin, ils se sont finalement échoués dans la loi d'août 2015. Une loi qui n'a pas trouvé le moindre indice de trace d'application à la fin du mandat présidentiel. Engagement numéro 42 : totale immobilité.

Le million annuel de rénovations de l'engagement numéro 43 s'est vu lui aussi subitement divisé par deux le 20 février 2013, au terme de la présentation à la presse du plan de rénovation énergétique de l'habitat. Objectif plus réaliste ? Oui, mais trop ambitieux encore car, si l'on veut bien oublier les 600000 bénéficiaires de l'antique crédit d’impôt développement durable (CIDD) rebaptisé crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE), qui n'ont rien à voir avec l'objectif d'une isolation thermique de qualité, ce sont à peine quelques dizaines de milliers de foyers qui ont eu recours aux écoprêts à taux zéro. À y regarder de plus près encore, les réalisations subventionnées par ce prêt sont assujetties aux initiatives d'artisans qui ne sont ni contrôlés sur les performances thermiques obtenues, ni sanctionnés sur les écarts aux règles de l'art. Bilan, l'on passe d'un objectif initial de 1 million à 500000 logements par an, pour un résultat d'à peu près zéro.

Au Royaume Uni l'Electricity Market Reform, par contre, est marquée de pragmatisme

Le seul investissement effectif de la transition énergétique du prėsident Hollande restera-t-il la construction des deux réacteurs nucléaires EPR de la centrale de Hinkley Point, en Grande Bretagne ?

Un investissement de 18 milliards de Livres qui impose à EDF une garantie d'achèvement, quel qu'en soit le coût. Une décision pilotée tambour battant par le Ministre Emmanuel Macron, et adoptée le 28 juillet 2016 par un conseil d'administration dont trois membres qualifiés d'indépendants étaient en conflit d'intérêt notoire. Une situation de gouvernance que le Tribunal de commerce de Paris a fait admettre aux intéressés, hélas a posteri. Un conflit d'intérêts qui n'est évidemment pas sanctionné par le Code de gouvernance de l'entreprise.

Du côté Britannique, par contre, l'engagement est gratuit pour les citoyens, et bénéfique pour l'emploi local pendant la période de construction. Il obéit aux règles de la responsabilité personnelle des membres du Gouvernement et de la protection des intérêts économiques des consommateurs. L'Electricity Market Reform et son arsenal de contrôles politiques et financiers établissent une trajectoire économique transparente, soumise au contrôle politique des deux chambres et au contrôle judiciaire ex ante du National Audit Office et de la loi annuelle de finance.

Ces règles de gouvernance auront raison sans doute, le moment venu, de la commercialisation effective de l'électricité produite par EDF au Royaume Uni. Aujourd'hui déjà, le coût jugé excessif du Contract for Difference impose aux citoyens britanniques une facture annoncée de 29,7 milliards de Livres. Un contrat qui n'apporte à EDF qu'une garantie de prix de vente, mais aucunement de volume livré.

Les deux réacteurs ne seront alors qu'un moyen d'appoint de la courbe de charge outre Manche, mobilisé lorsque les énergies renouvelables auront satisfait la majorité des besoins d'électricité en base.

Le dérapage fatal du coût et du délai de la construction, les pertes de recette d'EDF résultant des ventes d'actifs nécessitées par le financement du projet et la recapitalisation de la filière nucléaire exposent chaque ménage français à une facture annuelle complémentaire de 90€ pendant 15 ans.

Facture électrique à venir, incontrôlable 

En définitive, dix ans après le Grenelle de l'environnement et cinq ans après l'election du candidat socialiste, où s'en va la facture d'électricité en France ?

La prolongation de l'exploitation des réacteurs nucléaires jusqu'en 2035 coûte 100 milliards d'euros, hors aléas. Il faut ajouter à ce montant l'actualisation récente des charges de démantèlement. Dès lors le coût plancher prévisible, complété de l'avance consentie par EDF pour financer l'investissement Britannique, est donc de 160 milliards. Le financement de ce coût différentiel par rapport au train de vie électrique des consommateurs ou des foyers fiscaux français pendant les 15 années à venir, s'ajoute donc aux tarifs, impôts et taxes qu'ils supportent aujourd'hui. Pour une facture annuelle complémentaire de 250€.

La Ministre Ségolène Royal promettait pourtant une hausse du revenu disponible brut des ménages de 13 milliards en 2018 et de 32 milliards en 2023 (Programmation pluri-annuelle des énergies, 28 octobre 2016).

Une gouvernance zéro donc, dont le coût se chiffre en centaines de milliards.

 

Norbert Tangy

Europe : Jean Claude Juncker et Pierre Moscovici avertissent Monsieur Macron

Europe : Jean Claude Juncker et Pierre Moscovici avertissent Monsieur Macron

Le nouveau Président n'est pas encore en fonction, mais l'Europe de la Commission l'avertit par avance : supprimer 120000 emplois de fonctionnaires et faire l'économie de 60 milliards d'euros de dépense publique durant le mandat, ça ne suffira pas !

Pour Jean Claude Juncker, « nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d'argent et ils dépensent au mauvais endroit ». Il poursuit : « Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette cela ne peut pas fonctionner dans la durée ».

Et le projet de d'instituer un exécutif financier européen, mollement défendu par le candidat En Marche ! en écho de la Belle Alliance du PS ? Mort-né. Jean-Claude Juncker s'est dit réservé sur l'objectif électoral d'Emmanuel Macron d'instituer un ministre des Finances de la zone euro. « Cela annonce une gestation très difficile car tous les États de la zone euro ne sont pas d'accord que quelqu'un soit assis à Bruxelles ou ailleurs et décide, au-dessus des Parlements nationaux, de la manière dont les budgets doivent être faits »

Il a estimé que le futur chef de l'État français ne pourrait pas compter à sens unique sur la mansuétude de ses partenaires européens sur ces questions. "Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres" en faisant les réformes nécessaires, a-t-il dit.

Quant à Pierre Moscovici, ex-éphémère ministre des finances et Commissaire Européen sous mandat du PS, dès le mardi 9 mai, il a repris l'ancienne habituelle : « La France peut et doit sortir de la procédure de déficits excessif ». 

Heureusement pour les Insoumis, ce n'est pas le compte Twitter de Monsieur Moscovici qui fait le printemps !

L'Europe bureaucratique veille donc toujours sur nos dépenses publiques, et le président Macron saura jouer des équilibres subtils entre le cap impopulaire qu'il donnera et celui qu'il rapportera de Bruxelles.

Les professeurs des écoles et des collèges seront les premiers à subir les attaques du programme d'austérité de l'emploi public.

Aussi, le 11 et le 18 juin, Anne Lecoq-Cherblanc portera la voix des citoyens qui n'acceptent pas les injonctions de l'Europe bureaucratique et qui soutiennent l'Europe politique des nations.