Révolution citoyenne en douceur : la preuve par l’Équateur

Révolution citoyenne en douceur : la preuve par l’Équateur

Utopie irréaliste, populisme charismatique : c'est ainsi que le projet l'Avenir en Commun de la France Insoumise est qualifié par les partisans de « l'extrême centre » raisonnable de l'ordo-libéralisme rhénan et de la social-démocratie anglo-saxonne. La révolution citoyenne en douceur : une idée déraisonnable ?

À dix jours de l'élection législative en France, se multiplient les prises de position qui estiment raisonnable, au contraire, de « donner toute sa chance » à l'avatar de Tony Blair et de Matteo Renzi. Les pleins pouvoirs à celui qui s'apprête à gouverner notre pays. Au nom du pragmatisme, du désir de changement et du rejet des partis politiques.

C'est ignorer les dégâts sociaux et économiques que ce choix va occasionner. Le recul de " la Sociale ", la précarisation du salariat sans contrepartie, le déni de l'urgence écologique, la dilution de la démocratie dans l'ennui et le repli sur soi.

C'est aussi faire le choix du désordre et de l'irresponsabilité. Contre celui de la gestion ordonnée de nos affaires. Le dogme libéral mal digéré par ce qui reste un dilettante amateur consiste à prétendre que la main invisible du marché pourvoira à tout, n'est-ce pas ? C'est donc un chèque en blanc de plusieurs milliers d'euros que chaque foyer Français met en jeu. Rendez-vous de bilan dans cinq ans, pour le pire ?

C'est enfin renoncer à la révolution citoyenne en douceur. Par ignorance, par lassitude, par manque de repères. Au moment où, loin du vacarme des populismes latino-américains dont la presse nous rappelle chaque matin les excès afin de mieux abattre Jean Luc Mélenchon et la France Insoumise, un autre pays est entrain de réussir la sienne. Sous nos yeux, c'est "la preuve par l'Équateur" qui se déploie tranquillement. Un pays que l'on connaît surtout du fait qu'il accorde l'asile politique à Julian Assange. Plus que pour la réussite de sa mutation politique vers un état en transition socialiste, de droit et de fait.

La preuve par l'Équateur : 2006, élection de Rafael Correa d'Alianza Paìs (AP)

 

L'arrivée au pouvoir de Rafael Correa marque le commencement de la révolution citoyenne et en douceur dans ses cinq dimensions : constitutionnelle et démocratique, éthique, économique et productive, sociale et en faveur de la dignité, de la souveraineté, et de l'intégration latino-américaine.

Tournant le dos au consensus de Washington (accords de Bretton Woods), plusieurs Pays d'Amérique Latine prennent un virage à gauche dans les années 2000. Le retour de l'État et de la planification productive, sans l'intention de sortir du capitalisme, prend le nom de "postnéolibéralisme". Cette appellation permet aux nouveaux dirigeants de présenter ce changement comme une étape de transition destinée à réparer les écueils et les méfaits de la politique libérale des décennies 1980-1990. Sans se mettre complètement à dos les progressistes libéraux, les investisseurs et la communauté économique du continent.

Assemblée Constituante : deux ans de travail pour rétablir la dignité de la fonction politique

 

Alors voici que, de tactique, cette opération politique produit ausi l'inattendu : l'approbation par plus de 60% des électeurs du travail de l'Assemblée Constituante. Une Assemblée qui a été réunie de 2006 à 2008 pour définir le Buen Vivir. Ce bien vivre est l'émanation des revendications des acteurs sociaux pour l'égalité et la justice sociale. Davantage encore, la nouvelle constitution consacre la reconnaissance, la valorisation et le dialogue des peuples et de leurs cultures, de leurs savoirs et de leurs modes de vie.

L'élection générale présidentielle (19 février 2017), et parlementaire (2 avril 2017) se produit dix ans après l'orientation postnéolibérale. Dans une atmosphère de doute. Correa aurait bénéficié d'un contexte économique porteur dit-on. Désormais les prix pétroliers chutent et la réalité économique va apparaître au grand jour. Des allégations de corruption secouent les personnalités des gouvernements successifs. La droite reprend vigueur. 

Au premier tour du scrutin, Lenin Moreno, candidat du parti du pouvoir Alianza Paìs (AP), bat tout de même son adversaire libéral, le banquier Guillermo Lasso. Mais sans parvenir au seuil de 40% qui lui aurait permis d'éviter le ballotage et le second tour. Le scrutin général du 2 avril 2017 confirme la majorité législative d'AP, le recul en sièges du parti de Lasso. Et il emporte l'adoption du référendum interdisant aux fonctionnaires l'acquisition de capitaux dans des paradis fiscaux.

Un troisième mandat avec l'Alianza Paìs (AP)

 

Révolution citoyenne en douceur ? Protectionnisme solidaire ? Moratoire et défaut volontaire de paiement de la dette de l'État ? Reprise en mains de la banque centrale et de la gestion politique de la monnaie ? Réforme fiscale encadrant le pouvoir de nuisance des élites ? Réduction des inégalités, malgré l'échec de la politique du logement et du développement des territoires ?

Pendant ces dix dernières années Correa consacre plus d'efforts à la gestion efficace des affaires publiques qu'à la mobilisation populaire de ses bases. Tournant le dos à ses partenaires bolivariens, Hugo Chávez et Evo Morales. Le peuple des dix sept millions de citoyens de l'Équateur reconnait cet effort, et confie une nouvelle fois la présidence au parti de ce pouvoir.

Populiste ? C'est celui qui le dit qui l'est

 

Le populisme n'est pas là il où il est montré du doigt.

Emmanuel Macron est bien celui qui a usé et abusé des slogans vides de portée politique : "révolution", "en marche", "jeune", "nouveau", rien de tout ceci ne rassure ni surtout n'engage. Inscrit dans la succession de ses deux prédécesseurs, Sarkozy et Hollande, dont l'histoire qualifie déjà les mandats de populistes. "Travailler plus pour gagner plus" et "l'ennemi c'est la finance" : n'oublions pas si vite ces graves banalités qui ont détruit notre société et son économie.

Renvoyer dos à dos la France Insoumise et le Front National, interdire le choix politique entre la voie libérale et la voie de l'humanisme écologique et solidaire, c'est une terrible farce qui coûreta plusieurs milliers d'euros à chaque famille française. Rendez-vous dans cinq ans, au pire, pour dresser le bilan de l'aventure ?

Dans les conditions du scrutin de 2017, rien n'oriente l'apprenti sorcier jupitérien dans la direction du travail méthodique, concerté, patient et partagé qui est l'exigence de son mandat. Un travail politique qui, seul, pourrait mettre tout le monde dans la direction du bien vivre ensemble.

Pourtant, la révolution citoyenne n'est pas une utopie.

L'Assemblée Constituante, seule, donnera aux dirigeants politiques et aux électeurs la dignité que quinze années de laxisme politique ont effacée.

Parce que la preuve par l'Équateur démontre qu'une autre solution existe, dans la dixième circonscription de la Seine maritime, il faudra voter les 11 et 18 juin pour la candidate investie par la France Insoumise et soutenue par Jean Luc Mélenchon : Anne Lecoq-Cherblanc.

Car le 11 et le 18 juin, ce sera notre dernière chance de bloquer la voie à l'amateurisme, doublé de la morgue des élites et de la corruption du pouvoir que ce début de règne indique déjà.

Norbert Tangy

Retrouver le dossier complet qui inspire cet article sous le titre "L’Équateur de Rafael Correa : transition postnéolibérale et conflictualité" – Cahier des Amériques Latines – numéro 83/2016.

Violences policières : après la passe d’armes avec Monsieur Cazeneuve qu’en est-il ?

Violences policières : après la passe d’armes avec Monsieur Cazeneuve qu’en est-il ?

Rémi Fraisse, militant pacifique et écologique, a trouvé la mort dimanche 26 octobre 2014 un peu avant deux heures du matin. Alors qu'il se trouvait parmi des militants eux aussi pacifiques, il a reçu une grenade offensive tirée par un gendarme, et il a succombé à l'explosion de cet engin mortel qui s'est logé contre son dos. Rémi est la malheureuse victime du combat contre le barrage de Sivens.

Tant de documents, enquêtes, témoignages et reportages ont été établis sur ce drame, que ce n'est pas le lieu d'y revenir ici.

Dans le cours de cette campagne électorale des législatives des 11 et 18 juin, la déclaration de Jean Luc Mélenchon le 24 octobre à Montreuil, et la réplique de l'ex-Ministre Cazeneuve, sollicitent une analyse politique sur le vif.

La France Insoumise aborde la question de l'ordre républicain dans son travail de campagne. Aussi le programme l'Avenir en Commun comporte un ensemble de propositions destinées à inverser « la tendance inefficace et liberticide de l'affolement sécuritaire » que connaît notre pays.

Mais dans le fond, Jean Luc Mélenchon avait bien posé la question politique sur le plateau de France 2 le 23 février dernier, dans son échange avec un officier de gendarmerie à propos de Théo.

« La police nationale ne s'appartient pas, elle appartient à la Nation, son rôle est de servir et d'obéir, dans le cadre de la déontologie de la République Française ».

C'est pourquoi il est temps de revenir sur l'histoire de notre police et de notre armée. Elle explique ce qui se passe aujourd'hui et qui fait de nos forces républicaines les plus inefficaces et les moins aimées et respectées parmi nos voisins européens. 

Pour Michel Foucault, le pouvoir politique réinscrit dans la société civile les rapports de force qui se sont institués, à un moment donné, pendant la guerre. 

Une sorte de guerre silencieuse s'installe alors, dans la paix, elle s'insinue dans les institutions, dans le langage, dans les inégalités économiques et jusque dans les esprits et les corps.

Mathieu Rigouste fait ce travail d'examen de l'histoire, à travers des centaines de rapports, travaux effectués depuis la fin de la guerre coloniale et jusqu'à aujourd'hui. Des écrits des dirigeants politiques et militaires et des experts. Des comparaisons internationales. Des témoignages. Et dans son livre L'Ennemi Intérieur publié en 2009 à La Découverte et republié en 2011, Mathieu Rigouste vérifie l'analyse de Foucault : l'ordre sécuritaire de la France contemporaine est hérité en droite ligne de la guerre coloniale contre l'Algérie. En dépit de la volonté politique adoptée en 1960 de ne plus recourir à la Doctrine de la Guerre Révolutionnaire mise au point à Alger et à Sétif, c'est bien de cela qu'il s'agit encore aujourd'hui.

Alors, il faudra exercer tous ensemble une grande vigilance citoyenne dans les années qui viennent car c'est cette police, c'est cette armée à laquelle nous ferons face dans le débat politique normal et salutaire auquel nous sommes préparés.

Le combat pacifique de Rémi Fraisse, de sa famille, de ses amis, et bien il se poursuit.

Norbert Tangy 

D’une réforme à l’autre, que devient le collège de 2016, et que prépare Monsieur Macron ?

D’une réforme à l’autre, que devient le collège de 2016, et que prépare Monsieur Macron ?

La réforme du collège mise en place à la rentrée 2016 pose beaucoup de questions aux professeurs, aux élèves et aux parents. Un an et demi plus tard, l'Éducation Nationale rentre dans la campagne !

Insuffisamment préparée, débattue et appropriée par les inspecteurs, par les principaux, par les professeurs et, bien entendu, par les parents, cette transformation souffre de la multiplication hasardeuse des support des devoirs, des contrôles et des bulletins scolaires.

La conversion des heures d'enseignement des disciplines en EPI-Enseignements Pratiques Interdisciplinaires annonce la réduction des temps consacrés par le collège aux fondamentaux.

Pourtant, la réforme engage les professeurs vers une formulation innovante des compétences et la vérification constructive de leur acquisition.

Au moment où Jean François Blanquer, cet ex-directeur de l'enseignement responsable de la suppression de 80000 postes sous la présidence  de Sarkozy, vient de prendre ses fonctions, c'est bien de vigilance qu'il convient de parler.

Le meilleur moyen de s'assurer de cette vigilance consiste à refuser, par le vote des 11 et 18 juin, de donner les pleins pouvoirs à Monsieur Macron.

Les savoir-faire : commencer par les « compétences transversales »

Les programmes disciplinaires du collège mettent désormais l'accent sur l’apprentissage des méthodes de travail.

Prenons l’exemple de l'information et de la capacité à s’informer.

Dans quelque domaine que ce soit, avant toute réalisation, il faut commencer par s’informer :

  • Écouter les consignes.
  • Lire et comprendre un énoncé : qu’est-ce que je sais et qu’est-ce qu’on me demande ?
  • Lire une carte géographique ou routière, lire un tableau, un schéma, une notice explicative.
  • Rechercher l’information demandée, dans sa propre mémoire d'abord, dans un dictionnaire, sur Internet, dans un manuel, un lexique, un annuaire, et auprès d'une autre  personne.
  • Se repérer quelque part.

Les professeurs vont donc proposer des aides méthodologiques aux élèves qui ne se les donnent pas spontanément. Ceux qui parviennent à rechercher les informations demandées pour une discipline acquièrent une autonomie qui sera utile à toutes. Comme autant de savoir-faire nécessaires dans toutes les disciplines.

Désormais, ces savoir-faire s'appellent les « compétences transversales ».

Les savoir-être : responsabilité, initiative, solidarité.

La réforme propose de repérer et de développer des attitudes propices à l'activité qui consiste à « apprendre au collège » :

  • Être responsable.
  • Prendre des initiatives.
  • S’impliquer dans les activités.
  • Contribuer à la mise en place d’un événement.
  • Appliquer le règlement intérieur.
  • Être poli.
  • Être solidaire.
  • Être respectueux des adversaires et de l’arbitre.

Ce ne sont ici que quelques exemples de formulation.

Que deviennent alors les savoirs ?

Ils  ont leur place dans toutes les disciplines comme, par exemple, en Français :

  • Dire un poème par cœur.
  • Argumenter en s’appuyant sur des textes littéraires.
  • Mobiliser des connaissances d’orthographe et de grammaire.

Pour le professeur du collège, désormais, les compétences spécifiques se distinguent, par leur formulation, des savoir-faire et des savoir-être.

C'est plus clair, et davantage respectueux de l'élève.

Mais il n'empêche, il faut bien les établir, ces formulations, et c'est une sérieuse difficulté. Ensuite, il est tout de même préférable de les partager entre les professeurs d'une discipline puis, entre les professeurs de toutes les disciplines.

C'est alors que le manque de temps, le déficit de partage et l'excès d'information amorcent la confusion, qui se transforme en désordre et tensions.

Investis dans l'organisation des EPI, dispersés dans les travaux complémentaires des élèves qui dévorent la pause du déjeuner, découragés par les expérimentations informatiques, les professeurs courent après le temps. Au collège comme à la maison.

Contrôler, évaluer, informer et piloter

Contrôler

Lorsqu'ils sont établis par le professeur dans un sens conforme à la réforme, les documents d’appui des contrôles sollicitent l'élève afin qu'il rassemble et utilise dans ses réponses les informations qui illustrent les compétences dont l'acquisition est recherchée. Authentique innovation institutionnelle.

L'élève fait aussi état de ses connaissances par le contenu de ses réponses aux questions posées.

Mais ce n’est pas parce que l'élève démontre qu’une compétence est acquise, à un moment donné, qu’elle le sera encore six mois plus tard. Car l'éparpillement des supports de contrôle ainsi conçus, dans la discipline et par les professeurs des autres disciplines, ne garantit ni la cohérence, ni la répétition, deux facteurs d'apprentissage.

Le professeur doit aussi résoudre une difficulté pratique : il vaut mieux qu'il présente le devoir, support de contrôle, de façon à en faciliter la correction et la notation, au bout du compte, quelle qu'elle qu'en soit la forme. Mais c'est plus facile à raconter qu'à faire, et cette conception du support exige du professeur énormément de travail et de temps. Un temps qui est rarement un temps collectif et partagé. Source de désordre à nouveau.

Concevoir le devoir en y installant, dès la préparation, les indices des compétences transversale ou spécifiques que l'on veut promouvoir, c'est aussi prendre le risque de négliger l'inattendu, la création spontanée de l'élève, l'allusion, la métaphore, le jeu de mots.

Évaluer

La réforme permet de concevoir le contrôle et d'évaluer le travail de l'élève à partir de critères précis et efficaces. Tandis que les anciennes conceptions et les évaluations globales ne donnaient aucune indication, en dehors du titre de la discipline et d'une note unique, ou d'une moyenne de notes par bulletin. Des notes qui étaient établies sans référence vérifiable aux compétences transversales ou spécifiques.

Les appréciations des bulletins sont rédigées dorénavant sur un mode positif. Elles font état des acquisitions de l’élève, elles proposent des pistes de progression.

Il faut tout de même s’interroger sur les termes choisis : le mot de « maîtrise » et le qualificatif de « suffisante » ou « insuffisante » recouvrent en fait autant de flou que les notes antérieures.

Il n’est pas certain, enfin, que les parents qui consultent les évaluations sur internet comprennent le jargon utilisé.

L'élève lui-même, environné par des formules constructives, parvient-il à distinguer une  exigence impérative ? Alors qu'un examen ou un concours le sanctionneront, un peu plus tard, par des épreuves et des notations traditionnelles ?

Tête bien faite et tête bien pleine

L’enseignement a longtemps insisté sur l’acquisition des connaissances, il était temps de prendre en compte les modes de pensée et d'activité des enfants tels qu'ils sont pour accroître leurs capacités « cognitives ».

Tous ne sont pas égaux sur le plan des apprentissages : certains élèves sont dotés d'une excellente mémoire, ou bien d'une capacité méthodique qu'ils ont développée grâce à leur milieu familial. La réforme permet des progrès dans l'égalité et dans l'apprentissage méthodique.

L’acquisition de connaissances reste indispensable pour que, de l'école, sortent des citoyens libres et responsables.

Si la réforme semble s'en assurer, en vérité la répétition et la cohérence font défaut.

Que pensent les professeurs ?

Ils ne sont hostiles ni à la méthode, ni au partage de certaines de « leurs » heures dans les EPI. Leurs activités et leurs relations s'enrichissent, ils s'émancipent.

Mais la réforme imposait un calendrier de mise en place, dès la première année, à tous les niveaux, de la 6e à la 3e. Pari insensé. Et l'on fait aujourd'hui comme si la pilule était avalée.

Mais faute de temps et de recul, la difficulté éloigne le professeur du travail collectif. Elle prive l'élève du bénéfice de la répétition. L'outil devient une fin en soi. L'intelligence de la nouvelle conception du cours et du contrôle se sclérose dans la recherche de productivité à laquelle le professeur se trouve contraint.

La menace qui pèse sur les heures enseignées dans les disciplines, et la coercition exercée par la hiérarchie, maintiennent un climat de méfiance et provoquent des souffrances professionnelles injustifiables.

Que fera Monsieur Macron ?

Discret sur ce sujet comme sur tous les autres, le nouveau Président de la République fait tout de même deux annonces importantes pour le collège :

  • Suivant le très libéral Institut Montaigne, il se propose d'accorder une plus grande autonomie à l'établissement et au principal.
  • Il entend supprimer 120000 emplois de fonctionnaires.

Montaigne n'appartient au CAC40, et s'il préférait » une tête bien faite à une tête bien pleine », il s'appuyait sur une épaisse base des fondamentaux. L'annonce médiatique de la remise en route des classes bilangues et de l'enseignement du latin et du grec, supprimés par Najat Valaud bel Kacem, n'a pas résisté 24 heures à la vérification de son contenu : le projet consiste, en vérité, à insérer ces enseignements à l'intérieur de la réforme financière exigée par François Hollande, c'est à dire dans le mécanisme des EPI.

Mais l'expérience démontre que la gestion des EPI entraîne la compression des budgets horaires des établissements dont les principaux acceptent, sans discussion, les injonctions du recteur.

Il en sera de même des classes bilangues et de l'enseignement de l'allemand ou des langues anciennes, il faudra déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Quant à l'autonomie des établissements, tant que les principaux seront promus au terme de leur carrière de professeur des collèges ou des écoles primaires, elle ne vaudra que ce que vaut leur capacité à débattre avec leur hiérarchie.

Une hiérarchie qui sait faire connaître les décisions du Ministre et du recteur au moyen d'un dispositif d'évaluation et de rétribution individualisée donnant une part conséquente au « savoir-être » du professeur lui-même, c'est à dire, en clair, à sa docilité.

Gérald Darmanin, Maire de Tourcoing et nouveau Ministre de la fonction publique en charge de la suppression de 120000 fonctionnaires, se souvient probablement de la déconfiture que lui a administrée Jean Luc Mélenchon sur le sujet de la laïcité dans l'émission Des paroles et des actes.  

Fin de partie momentanée donc, pour une réforme de façade, qui accroît désordre et tensions.

Une réforme que Monsieur Macron fait semblant de remettre en question.

Quant à la question du gel des salaires que 800000 fonctionnaires de l'éducation les moins rémunérés de toute l'Europe subissent depuis sept ans, elle n'est pas à l'ordre du jour de l'agenda libéral.

Pour la France Insoumise « L’éducation est la principale richesse du peuple et du pays pour préparer l’avenir, il est urgent de la partager ». 

Christine Moreau

 

 

 

 

 

« Tout indice d’une levée durable contre Macron sera le bienvenu » Alain Badiou

« Tout indice d’une levée durable contre Macron sera le bienvenu » Alain Badiou

Le "fantôme libéral" Macron

Le philosophe Alain Badiou, plus discret dans cette campagne que dans les deux précédentes, analyse pour Les Inrocks le fantôme libéral Macron, le pétainisme rénové du FN et il déplore que Mélenchon soit inféodé aux péripéties électorales.

Contre toute forme de suffrage

Résolument opposé au vote représentatif dans la forme que la Cinquième République a fabriquée, il salue l'indice d'une levée populaire contre Macron dans le projet de la France Insoumise.

Fidèle à sa lecture politique et philosophique platonicienne du monde, il déclare qu'il manque à la gauche de l'ex-gauche l'idée communiste.

Il conclut que nous n'en sommes qu'au début de la reformulation de l'action politique émancipatrice. Nous serions plus proches de 1840 que de 1917. 

Pourquoi pas 1840 ? Il n'y a jamais eu sur la planète autant d'hommes et de femmes salariés en masse et dans les conditions les plus restrictives. 

Quant aux dirigeants et oligarques, jamais ils n'ont tant possédé.

Pour l'émancipation, tout de suite

Nous sommes bien d'accord avec cette idée de l'émancipation, et nous prenons l'initiative de nous y mettre ici, et tout de suite.

Norbert Tangy

 

 

Europe : Jean Claude Juncker et Pierre Moscovici avertissent Monsieur Macron

Europe : Jean Claude Juncker et Pierre Moscovici avertissent Monsieur Macron

Le nouveau Président n'est pas encore en fonction, mais l'Europe de la Commission l'avertit par avance : supprimer 120000 emplois de fonctionnaires et faire l'économie de 60 milliards d'euros de dépense publique durant le mandat, ça ne suffira pas !

Pour Jean Claude Juncker, « nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d'argent et ils dépensent au mauvais endroit ». Il poursuit : « Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette cela ne peut pas fonctionner dans la durée ».

Et le projet de d'instituer un exécutif financier européen, mollement défendu par le candidat En Marche ! en écho de la Belle Alliance du PS ? Mort-né. Jean-Claude Juncker s'est dit réservé sur l'objectif électoral d'Emmanuel Macron d'instituer un ministre des Finances de la zone euro. « Cela annonce une gestation très difficile car tous les États de la zone euro ne sont pas d'accord que quelqu'un soit assis à Bruxelles ou ailleurs et décide, au-dessus des Parlements nationaux, de la manière dont les budgets doivent être faits »

Il a estimé que le futur chef de l'État français ne pourrait pas compter à sens unique sur la mansuétude de ses partenaires européens sur ces questions. "Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres" en faisant les réformes nécessaires, a-t-il dit.

Quant à Pierre Moscovici, ex-éphémère ministre des finances et Commissaire Européen sous mandat du PS, dès le mardi 9 mai, il a repris l'ancienne habituelle : « La France peut et doit sortir de la procédure de déficits excessif ». 

Heureusement pour les Insoumis, ce n'est pas le compte Twitter de Monsieur Moscovici qui fait le printemps !

L'Europe bureaucratique veille donc toujours sur nos dépenses publiques, et le président Macron saura jouer des équilibres subtils entre le cap impopulaire qu'il donnera et celui qu'il rapportera de Bruxelles.

Les professeurs des écoles et des collèges seront les premiers à subir les attaques du programme d'austérité de l'emploi public.

Aussi, le 11 et le 18 juin, Anne Lecoq-Cherblanc portera la voix des citoyens qui n'acceptent pas les injonctions de l'Europe bureaucratique et qui soutiennent l'Europe politique des nations.

“Le vote FN au village”, Violaine Girard, à l’origine du Front National, grande industrie la politique font bon ménage

“Le vote FN au village”, Violaine Girard, à l’origine du Front National, grande industrie la politique font bon ménage

Violaine Girard enseigne la sociologie à l'université de rouen. 

Sa thèse publiée en 2009 est consacrée aux familles françaises qui vivent en milieu péri-urbain. 

"Le vote FN au village", publié en avril 2017, raconte comment la grande industrie s'est alliée à des barons politiques locaux et nationaux pour assécher les finances des collectivités et implanter des parcs industriels en offrant aux ouvriers la promotion sociale par l'accès au logement.

Viennent ensuite la respectabilité, puis le rapport à la politique et, finalement, une radicalisation et le vote pour le Front National.

Le Front National n'est donc pas une fatalité. Il est le produit de la consanguinité entre les lobbys de la grande industrie et les dirigeants politiques en charge de l'aménagement du territoire.

Anne Lecoq-Cherblanc mène campagne précisément en direction des électeurs du FN et des abstentionnistes qui sortent aigris des expériences des apprentis sorciers du développement de l'industrie à la campagne.

Le vote FN au village, Violaine Girard, éditions du croquant, avril 2017.

Insoumis ! Plus que jamais, le 9 mai

Insoumis ! Plus que jamais, le 9 mai

43 % des électeurs ont choisi Monsieur Macron par défaut. 25% se sont abstenus de voter, 12 % ont déposé un bulletin de vote blanc ou nul. 37 % des électeurs ont donc refusé de choisir entre cinq années supplémentaires d’austérité, et la candidate du Front National : on n’avait pas vu ça depuis le second tour Pompidou-Poher en 1969 !

Les Français rejettent l’Europe de la Commission, mais c’est un Président mondialiste et ultra libéral qui vient d’être élu. Voici bien l’impasse démocratique de cette élection kidnappée par l’argent, et par les médias.

Les élections législatives des 11 et 18 juin vont déterminer le quinquennat qui s’annonce. Deux Français sur trois n’adhèrent pas à la guerre sociale que prépare Monsieur Macron. Et sans majorité parlementaire, il ne gouvernera pas à sa guise !

Soutenue par Jean-Luc Mélenchon, je vous propose de changer les règles du jeu.

Élue, je consacrerai mon énergie à concrétiser « L’Avenir en Commun » : sortir de l’urgence sociale, sortir de l’urgence écologique, les deux absents du scrutin du 7 mai.

Notre projet de gouvernement :

– Abroger la loi El Khomri

– Interdire les ordonnances et le recours à l’article 49.3

– Mettre en place la sécurité sociale intégrale

– Permettre à tous de se loger dignement

– Engager la transition écologique et sortir progressivement du nucléaire

– Bâtir la Paix.

Le 23 avril, 14 556 électrices et électeurs de la dixième circonscription de Seine-maritime ont choisi Jean-Luc Mélenchon : j’appelle aujourd’hui toutes ces personnes à nous rejoindre et à travailler avec moi sans retard. Inscrivez vous dans l’un des trois groupes d’appui de votre circonscription. Mobilisez vos proches, vos amis, vos collègues de travail. Adressez-moi vos doléances. Participez à nos réunions publiques :

– Vendredi 26 mai à Saint Saens

– Jeudi 1er juin à Yvetot

– Vendredi 9 juin à Saint Valery En Caux.

Ensemble, dès le 11 juin, choisissons notre majorité à l’Assemblée Nationale.

Anne Lecoq-Cherblanc

Cette campagne électorale ne donne pas à la paix la place qu’elle mérite

Cette campagne électorale ne donne pas à la paix la place qu’elle mérite

Cette campagne électorale ne donne pas à la paix la place qu’elle mérite.

La guerre monte dans le monde et en Europe.

Pour ne pas être entrainés dans les combats que les États-Unis mènent bien loin de leurs territoires, faisons en sorte que la France quitte l’OTAN.

En 1944, nos pays de Caux et de Bray comptaient plus de 100 rampes de lancement des missiles V1. 8564 missiles ont été lancés sur Londres et 3564 d’entre eux atteignirent leurs cibles en faisant 6184 victimes et en blessant gravement 18000 autres personnes.

Les armes sont aujourd’hui bien plus meurtrières, et les conflits du Moyen Orient font des millions de victimes civiles au mépris des lois internationales.

Avec Jean Luc Mélenchon, la France Insoumise veut agir pour la paix dans le seul cadre de l’ONU, en bâtissant une nouvelle alliance des pays non alignés. Seule candidate investie par le mouvement des Insoumis de la circonscription, je place ce choix au-dessus de tous les autres : question de sens politique.

Anne Lecoq-Cherblanc

crédit photo : norbert 

Investiture de la France Insoumise

Investiture de la France Insoumise

Depuis mars 2016, avec 4000 personnes, je construis le programme de la France Insoumise : l’Avenir en Commun. Nous sommes 510000 Insoumis, et notre nombre s’accroit chaque jour. Rejoignez-nous !

La dixième circonscription de la Seine Maritime comprend les cantons de Bacqueville en Caux, Bellencombre, Cany-Barville, Clères, Doudeville, Fontaine-leDun, Longueville-sur-Scie, Ourville-en-Caux, Saint-Saëns, Saint Valery-en-Caux, Tôtes, Yerville et Yvetot.

Notre circonscription compte trois groupes d’appui de la France Insoumise :

Réunis le 19 janvier 2016, les trois groupes d’appui procèdent à mon élection pour être la candidate des Insoumis aux élections législatives.

Investie par la France Insoumise, seule candidate soutenue par Jean Luc Mélenchon dans la circonscription, je vous propose des jours heureux entre Caux et Bray.

Anne Lecoq-Cherblanc.

crédit photo : norbert 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anne Lecoq-Cherblanc, Insoumise entre Caux et Bray

Anne Lecoq-Cherblanc, Insoumise entre Caux et Bray

Madame, Monsieur, je me suis attelėe à la tâche de  représenter tous les Citoyens de la dixième circonscription de la Seine Maritime dans le parlement qui sera élu le 18 juin.

Moins d’un quart des électeurs de notre pays fait le choix du libéralisme porté par Emmanuel Macron, héritier désigné par François Hollande.

Alors, rien n’est joué dans notre pays !

Depuis mars 2016 je travaille avec 4000 autres personnes en France pour construire notre Avenir en Commun.

Le 23 avril, 15000 électeurs entre Caux et Bray choisissent la France Insoumise et Jean Luc Mélenchon.

Au terme de six mois d’une campagne hallucinante, le 11 juin, 5987 électeurs font  le choix de voter pour cet Avenir en Commun.

La France Insoumise ne participera pas au second tour dans notre circonscription. 

Mais il faut soutenir les 74 candidats Insoumis qui vont s’opposer à la monarchie présidentielle ou bien au Front National. Parfois même aux derniers apparatchiks du PS, comme dans cette circonscription du vingtième arrondissement de Paris où Mehdi Kemoune reçoit le soutien des communistes contre Georges Pau Langevin, dissidente macronniste de la première heure. 

Utilisons la plateforme téléphonique fiphone pour réveiller nos proches, nos amis qui résident dans ces villages et dans ces quartiers. Ils peuvent grossir les rangs des parlementaires Insoumis.

Pour utiliser la plateforme fiphone, c’est ici : 

https://fiphone.fr/ng/ 

Quant à nous, poursuivons la préparation de la sixième République.

Entre Caux et Bray.

Anne Lecoq-Cherblanc